Type : Long métrage
Durée : 82 minutes
Date de sortie en France : 18/12/2003
Editeur en France : Aventi
Réalisateur : Megan Han
Production : Studio Digital Dream
Site officiel : http://www.tv-tokyo.co.jp/run/dim.html
Une fois n'est pas coutume, je vais vous proposer un petit article sur un film d'animation coréen. Je vois déjà certains lecteurs s'insurger comme quoi ce n'est pas un animé et ce n'est pas tiré d'un RPG. Mais comment ose-t-il ? Eh bien, d'un, je fais ce que je veux, et de deux, ça élargira les connaissances de tout un chacun. Bien sûr, ne pas avoir entendu parler de Run=Dim (prononcez Reun Dim) n'est absolument pas un sacrilège et je dois avouer qu'il n'y a même rien de privilégié à l'avoir vu. Cet article est donc à but préventif. Ne pensez pas que tout ce qui vient de Corée est bon pour la santé. Run=Dim est l'exemple même du somnifère parfait.
Synopsis
C'est à ne rien comprendre : le film partait relativement bien, contrairement à l'état de notre bonne vieille Terre. Nous sommes au XXIIe siècle. La pollution n'a cessé de s'accroître au fil des décennies et il a fallu trouvé un moyen de freiner la mort de la planète. Les différents chefs d'état de la planète se sont alors réunis et ont trouvé la solution miracle : jeter les déchets dans l'espace. Eh bien, si les déchets nucléaires et industriels pourrissent l'atmosphère, pourquoi ne pas les envoyer en dehors de l'atmosphère ? A croire que les politiciens décrits dans le film pensent de la même manière que les nôtres. Toutefois, il faut trouver un organisme pour s'en occuper. Intervient alors la Nesas, une gigantesque organisation au pouvoir financier colossal qui va très vite renflouer encore davantage ses caisses grâce à ce marché conclu entre elle et les nombreux pays.
Les années passèrent et la Nesas semble se désintéresser de plus en plus du sort de la planète et ne pense plus qu'à dominer la Terre. Elle fonde une véritable armée pour assurer sa sécurité, au départ, puis commence à voir de plus en plus grand. Elle transgresse de nombreuses closes inscrites dans le traité qui la relie aux pays terriens. C'est alors qu'arrive l'organisation Frontière Verte. Faisant figure en quelque sorte de Greenpeace dans le futur, du point de vue de l'idéologie, elle a une telle puissance militaire qu'elle pourrait également être comparée à l'ONU actuelle. Ses robots sont des modèles particulièrement perfectionnés appelés les Run=Dim.
Si cette vision du future ne vous plaît pas, elle coïncide cependant avec les orientations actuelles : toujours plus d'armes. Toutes les entités politiques et industrielles semblent posséder leur propre armée mais Nesas et Frontière Verte se distinguent par leurs moyens phénoménaux. En guerre depuis les premières trahisons de Nesas, elles semblent devoir mener une dernière bataille décisive. En effet, notre industrie multinationale vient d'élaborer une navette, l'E4, capable de tirer un missile d'une puissance encore jamais vue. Les missiles nucléaires passent à côté pour de simples feux d'artifices. Frontière Verte ne peut laisser son ennemie qui est, par la même occasion, celle du monde libre disposer d'une telle arme. Celle-ci servirait à faire pression sur les pays pour s'allouer leur coopération dans le cas d'une domination totale de la Terre. Heureusement, Frontière Verte dispose dans ses rangs du Colonel Kang...


Il n'y a pas de mot pour dire ce que je ressens...
Pour raconter cette histoire, le scénariste a bien évidemment pourvu le film de multiples personnages qui auront une incidence plus ou moins forte sur les incidents qui vont survenir. Le film commence sur l'entraînement d'une troupe d'enfants, sélectionnés pour leurs particularités génétiques. Pour piloter des robots de combats, les pilotes doivent posséder un pouvoir mental supérieur à la normal. Il ne nous est pas expliqué clairement de quoi il s'agit, jusqu'ils l'ont (Evangelion ?). Parmi ces nouveaux pilotes, nous trouvons Kazuto Moriguchi. Jeune héros type, banal, pas très sûr de lui, au grand coeur et maladroit, il est pourtant un surdoué en matière de pouvoir mental. Il est capable de piloter les plus puissants robots à l'instar de Kang, légende vivante en la matière à cause de ses pouvoirs hors norme. Il a incorporé les unités de Nesas en même temps que Kanna, une charmante fille au caractère bien trempé dont il va très vite s'éprendre. Rassurez-vous très vite, la réciproque sera vraie également. Il fallait bien rajouter une histoire d'amour à l'ensemble des clichés présents. Oui, car question stéréotypes et déjà vus, vous allez être servis. Entre Kang, grand pilote connu de tous aux capacités incroyables, sa jeune co-équipière follement amoureuse de lui, le héros qui est "pur", sa petite amie... un coup amoureuse, un coup qui ne l'est plus et qui, d'un rien, le redevient, sans oublier la dirigeante mégalo (de Nesas), tous les principaux clichés de genre de production sont ici présents sans fioriture bien sûr. Il aurait été criminel de rajouter des faits nouveaux, rarement vus ou tout simplement intéressants...
Surtout que les rebondissements, si l'on peut les appeler ainsi, sont parfaitement prévisibles (le héros qui change de camp, le combat Kanna vs Kazuto, la maîtrise des Run=Dim, ...).
Le problème vient du fait que les protagonistes ne sont pas extrêmement attachants non plus. Le design ressemble énormément à celui adopté dans Xenosaga Episode I mais sans l'histoire et l'animation qui va avec. On se retrouve donc avec des personnes dénués de tout intérêt mais qui ont un look potable. C'est assez désagréable de faire face à des coquilles vides comme c'est le cas ici. Comparer un film à un théâtre de marionnette n'a rarement trouvé si belle illustration.

Un film vieillot récent
Ce film constitue un beau paradoxe lorsque l'on doit discuter de sa réalisation. Il faut savoir qu'il a été fait en 2001 pour paraître en 2002 en DVD. 2001... qu'est-ce qui est sorti, en matière de film d'animation, au cinéma ? Final Fantasy Spirits Within, exactement. Si les deux n'ont pas bénéficié du même budget, un tel fossé laisse pantois. Même si l'un est en synthèse, l'autre en 3D, le fossé est considérable. Run=Dim est aussi, par moment, comparable à certaines cinématiques de la Playstation première du nom. Cela fait peur, n'est-ce pas ? Nous avons donc connu bien mieux. De mon côté, je l'ai découvert cette année soit près de 5 ans après sa sortie mais... quand même ! Maintenant que j'y pense, et pour revenir à la comparaison avec Xenosaga, les réalisations sont similaires. D'un côté, nous avons un jeu dans lequel il faut gérer tout un ensemble d'événements et de l'autre un film d'animation où tout est carré dans le cheminement. De plus, le numérique aidant, les images auraient dûes être de bien meilleur qualité. Mais là où le bat blesse le plus, ce qui gêne réellement, c'est du côté de l'animation. Tous les personnages semblent posséder trois ou quatre bâtons dans le cul et ne désirent aucunement les faire tomber. Ils avancent d'un pas tellement incertain qu'on a par moment l'impression qu'ils font du surplace. Les combats entre robots n'ont eu le droit à une fluidité convenable non plus. Les scènes d'action réellement agréables à regarder se comptent en secondes.
Je suis tombé des nues quand, j'ai appris, durant le générique de fin, que le jeu a bénéficié de la motion capture. Premère expression qui m'est venue : "Pas possible !". Soit c'est pour essayer de nous tromper soit le studio Digital Dream ne savait pas réellement pas s'en servir. Comment peut-on proposer un tel gâchis ? Surtout que le début était relativement prometteur. Le scénario n'était pas d'une grande originalité mais il y avait substance pour faire quelque chose de potable et en raison de personnages creux et d'une réalisation minable, on se retrouve devant "ça".

A déconseiller
Pour achever le tout, sûrement est-ce de ma faute, je n'ai pu découvrir Run=Dim qu'en version française. Il a donc fallu rajouter à toutes les tares du film, un doublage absolument minable. La personne qui croit le plus à son texte de tout le film est la voix-off durant le prologue. Incroyable. L'article est donc relativement court, à l'image du film (82min), pour vous mettre en garde de ne pas forcément foncer tête baissée quand il s'agit d'un film d'animation asiatique. A 1€ en DVD, vous ne le regretterez pas trop (je sais de quoi je parle) mais plus, vous vous en mordrez les doigts. A éviter donc.
Je ne parle pas ici de la série de 13 épisodes sortie plus tard. N'ayant pu la visionner et n'ayant pas très envie de le faire, je ne peux vous garantir de sa médiocrité ou non.