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Dragon Quest VIII


Titre: Dragon Quest VIII
Plate-forme: Playstation 2
Genre: RPG
Developpeur: Level 5
Editeur: Square Enix

Sortie JAP: 27/11/2004
Sortie US: 15/11/2005
Sortie Europe: 13/04/2006

Ecrit le 23-01-2006 par moguri

12 commentaire(s)

DQ... DQ, DQ, DQ.... Pour nous autres européens moyens, ces initiales n'évoquent pas grand chose à part "des culs", mais pour n'importe quel japonais digne de ce nom, ces lettres ont quelque chose de magique : leur simple prononciation pourra le faire entrer dans un état second, à base de rêve et de bave (attention, jeu de mot inside), allant jusqu'à lui faire oublier la vie de forçat qu'il mène au boulot. Difficile à imaginer, n'est-ce pas ? Et pourtant, c'est très concevable lorsque l'on connaît un certain M Horii, puisqu'il est à l'origine du mythique Dragon Quest. Car oui, Les fameuses initiales faisaient bien référence à cette série emblématique du RPG nippon. Et emblématique est un bien faible mot, quand on sait que Dragon Quest (ou Draque, pour les avertis), sorti en 1986, est tout simplement le premier RPG jap à avoir vu le jour. Maintenant élevée au rang de légende chez nos amis japonais, la série est toujours la plus vendue sur l'archipel. Chaque nouvel épisode est accueilli là bas comme le Messie, sans pour autant révolutionner le genre à chaque fois. Au contraire, Dragon Quest est une des séries de RPG les plus ancrées dans ses racines, parée des mêmes atours de nous jours qu'elle le fût à sa naissance. On ne compte plus les éléments récurrents de la saga, revenant immanquablement à chaque opus, qu'il s'agisse de monstres, de bruitages, de lieux ou de personnages. Le phénomène atteint une telle ampleur qu'on peut maintenant parler d'une vraie "culture Draque". Néanmoins, il faut croire que la tradition n'empêche pas l'évolution, puisque le petit dernier de la série n'est ni plus ni moins que l'annonciateur d'une nouvelle ère Dragon Quest :



On ne change pas une recette qui marche...

Dragon Quest s'est toujours appuyé sur des éléments précis et relativement simples pour conquérir le coeur de son public : un scénario ultra basique, des graphismes assez moyens (en omettant les rééditions, bien entendu), un système de combat soporifique, un gameplay assez rigide ou encore un interface froide et sans vie... Surprenant, hein ? Et pourtant, c'est à peu près le cas, à une ou deux exagérations près. Comprenez qu'Enix (société maman de Draque) a très vite compris à quel point le premier Draque a marqué les esprits et qu'éviter de trop s'en éloigner permettait de donner à la série un "capital nostalgie" non négligeable, permettant de conserver son public au fil des années. On se retrouvait donc encore il n'y a pas si longtemps en face de jeux difficilement abordables pour l'occidental moyen complètement étranger à l'esprit de la série. D'ailleurs, rares furent les Dragon Quest à quitter l'archipel... Mais tout ça, c'était avant la fusion entre Square et Enix, en partie grâce à laquelle on a la chance de pouvoir s'essayer à Draque VIII en US, et même bientôt en PAL... La vie est merveilleuse, n'est-ce pas ? Enfin, elle n'est pas merveilleuse pour rien, et j'espère que le présent test saura vous en convaincre.


Même le Roi Trode est content !



... Mais en fait si, on la change un peu, quand même...

Il faut bien réaliser que la décision d'exporter Dragon Quest jusqu'en Europe ne peut se prendre sans concéder quelques "sacrifices"... Il est carrément évident que la série telle qu'elle était au moment de DQ VII n'aurait pas attiré grand monde aux US (et à plus forte raison en Europe) à part quelques fans... Il fallait donc se donner les moyens de séduire l'occident tout en gardant l'affection de l'orient, et c'est loin d'être chose aisée. Square Enix a donc opté pour un compromis : Les bases inébranlables de la série allaient êtres conservées, alors que tout ce qui pouvait être amélioré se verrait optimisé pour le grand public. Voyons maintenant en quoi tout cela a consisté :




Dragon Quest Z :

La première chose qui saute aux yeux quand on s'essaye à Draque VIII, c'est la patte graphique : le joueur non averti aura tôt fait de s'exclamer "Meeeeerde, je me suis trompé de jeu, j'ai mis budokaï Tenkaichi...." Mais quelle n'est pas son erreur ! Car d'une, Dragon Quest VIII est magnifique alors que tenka il chie (merci), et de deux, y'a pas de deux (bisou, cidou). Bref, tout ça pour dire que Akira Toriyama, en tant que designer attitré de la série depuis sa création, a bien entendu repris du service pour ce 8ème opus, et que pour une fois, ça se voit ! Enfin une réalisation à la hauteur du talent du maître ! Si certains en doutaient encore, ils peuvent être convaincus que les petits gars de chez level 5 sont vraiment des génies en matière de cell shading. On a réellement l'impression d'être dans un manga, c'est impressionnant ! Le trait si caractéristique de Toriyama est reproduit à la perfection, les détails sur les personnages, comme sur les décors, foisonnent, la distance d'affichage est énorme (il suffit de tracer sur la carte du monde pour s'en convaincre), les effets de lumière scotchent bien par moments, l'aliasing est très discret... Quand en plus on ajoute à tout ça une animation plus que correcte, que ce soit en combat ou en phase d'exploration, on se retrouve devant un jeu proprement magnifique, tant par sa qualité technique pure que par ce qu'il est capable de procurer au joueur... Prenons pour exemple la carte du monde dont je parlais plus haut : Un réel appel au voyage, tant elle est magnifique, immense et variée... Je vous met au défi de ne pas baver/trembler/chialer en vous baladant dessus...


1. La patte de Toriyama est clairement identifiable
2. Un petit donjon la torche à la main...

Pour une fois dans un jeu PS2, nous avons droit à une vraie carte en 3D (permettez moi d'omettre Tales of Symphonia ou Legaïa 2... Je vous parle de trucs jolis, moi), avec tout ce que ça implique d'aventure et de rêve pur... On ne se surprend même pas à passer des heures à tracer à l'aveuglette, toujours attiré par une nouvelle merveille au loin : "Oh, on dirait une grotte, là bas ! je vais voir ! [...] Ah, une cascade ! [...] Hmm, il est étrange, ce rocher [...] C'est un trésor que je vois au fond de cette vallée ?..." Personnellement, je ne compte plus le nombre d'heures que j'ai consacrées à l'exploration pure ou à la contemplation (aaaah, les couchers de soleil au bord de l'eau, car oui, l'alternance jour/nuit est gérée en temps réel), en oubliant complètement la quête principale... Ah, et puis le détail qui tue : tout sur cette carte est à l'échelle... Comprenez que si vous vous retrouvez devant un château, il sera aussi GRAND qu'il doit l'être, qu'une ville est aussi vaste de l'extérieur que de l'intérieur... Et ça a peut être l'air con comme ça, mais ça permet une immersion encore plus poussée, ce sur quoi nous ne cracherons sûrement pas.

Divers aspects de la carte du monde... Avouez que c'est bluffant

Et ne vous inquiétez pas, car les autres décors ne sont absolument pas en reste : chaque village ou donjon saura vous séduire par ses atours, soyez en sûrs. Rares sont les jeux pouvant se vanter d'une telle constance... Quasiment tout y est de très bon goût, et pour ma part, je n'ai pas trouvé un seul endroit moche... Impressionnant, surtout lorsque l'on sait que l'animation n'est pas en reste et que chaque lieu et chaque personnage paraît réellement "vivant"... Regardez les personnages de votre équipe feuilleter des livres, prendre des tonneaux ou fouiller des meubles chacun d'une manière différente correspondant à leur personnalité... C'est pas bluffant, honnêtement ?

1. Avec Dragon Quest VIII, apprend à ouvrir des armoires...
2. ... Lire des livres...
3. ... Ou porter des tonneaux...

Et bien entendu, c'est également du tout bon du côté des combats : graphismes toujours aussi convaincants, bestiaire varié (même si l'on échappe pas aux "déclinaisons de couleur" et pouvant être aussi classe que ridicule dans le bon sens du terme (la patte Toriyama), animation ultra fluide, magies impressionnantes...

1. Exemple d'effet assez impressionnant
2. Deux choses : bouche, et pipe.

Finie donc cette médiocrité technique jusqu'ici habituelle chez Dragon Quest... Draque VIII est tout simplement un des plus beaux jeux de notre chère PS2 en fin de vie. Il ne reste qu'a prier pour que Level 5 et Toriyama soient amenés à se recroiser souvent à l'avenir, vu la claque qu'ils sont capables de nous mettre quand ils se réunissent.




Héros du bien cherche méchant du mal pour projet de RPG sympa...

Fidèle à la série, le scénario de Dragon Quest VIII ne casse pas trois pattes à un char d'assaut... Vous incarnez un personnage sans nom (à vous de lui trouver un petit sobriquet sympa... Maurice ou Ambroise étant plutôt déconseillés...), qui avant de se lancer dans la carrière magnifique de héros de RPG était membre de la garde du château de Trodain. Tout se passait bien pour le jeune homme, puisqu'il avait pour habitude de parler de longues heures durant avec la princesse du royaume, quand un certain Dhoulmagus fit irruption au château. S'il y demeura quelques temps en tant que bouffon, il ne tarda pas à dévoiler ses vraies intentions en dérobant un sceptre magique et en s'en servant pour jeter une terrible malédiction sur le royaume, qui vit ses habitants transformés en plantes et ses bâtisses dévastées. Le roi Trode et sa fille Medea eurent droit à un traitement de faveur, puisqu'il furent transformés en petite créature verte à l'allure ridicule et en jument blanche... Au final, seul le Héros et sa souris (oui) s'en sortirent inexplicablement indemnes...


1. Notre héors du temps où il était soldat
2. Le terrible Dhoulmagus... Quelle prestance !

C'est à ce moment que commence le jeu : Notre Héros se retrouve embarqué un peu malgré lui dans la quête de son Roi maintenant hideux et impuissant, qui cherche a retrouver Dhoulmagus afin de lever la malédiction qui pèse sur lui et son peuple. Un bandit du nom de Yangus les accompagne depuis que le Héros l'a sauvé d'une mort certaine alors qu'il tentait de l'attaquer. Le bougre est un gros rustre qui n'hésite jamais lorsqu'il s'agît de se bastonner ou de s'enfiler une bière. Ses relations avec Trode seront d'ailleurs des plus comiques, le ton noble du souverain étant en totale adéquation avec l'attitude bourrine de Yangus. Néanmoins, on constate rapidement une sorte de complicité entre les deux personnages, l'apothéose venant avec une certaine attaque apprise par le bandit...

1. Yangus dans toute sa splendeur.
2. Le roi Trode et Munchie la souris...

Vous croiserez aussi Jessica, l'archétype même de l'héroïne selon Toriyama : Elle a une gueule aussi grande que son soutien gorge,et n'hésitera jamais à dire ce qu'elle pense en toutes circonstances... Attention à ne pas l'énerver, car sa main n'est jamais loin de son fouet (qui donnera à coup sûr des idées salaces à bon nombre de joueurs). Bref, la jeune femme forte et un poil dominatrice par excellence. Mais attention, car sous ses allures impertinentes, Jessica n'en reste pas moins sensible et surtout terriblement traumatisée par la mort de son frère qu'elle aimait tant de la main de Dhoulmagus. Les raisons qui la poussent à rejoindre notre fière équipe sont évidentes... Elle ne souhaite qu'une chose : Se venger du bouffon maléfique en lui faisant réaliser à quel point un sceptre long et cylindrique peut être terrifiant quand il est utilisé de la bonne manière...
En dernier vient Angelo, devenu orphelin alors qu'il était encore tout jeune, il fut recueilli par un abbé dans son monastère. Formé en tant que templier, le petit garçon ne tarda pas à devenir un beau jeune homme, aussi prompt à séduire ces dames qu'a tricher au jeu. Rusé, mauvais dragueur, prétentieux... Ce clone de Trunks a de quoi irriter... Il n'en reste pas moins un homme droit et juste, qui fera tout pour sauver l'homme qui l'a recueilli du sceptre de Dhoulmagus. Malheureusement, il arrivera trop tard et n'aura plus qu'a se joindre au Héros pour se venger lui aussi. En dépit de son passé assez tragique, Angelo saura vous faire rire grâce à son attitude désinvolte ou aux vestes qu'il se prend de la part de Jessica... Un personnage très réussi, à la fois classe et ridicule, chieur et touchant.

A gauche, Angelo, à droite, Jessica... Une rencontre explosive.

Tout ce beau monde se met donc en tête de retrouver Dhoulmagus pour lui faire bouffer ses dents... Rien de bien compliqué, c'est même très basique, mais l'histoire saura quand même se développer et vous maintenir en haleine tout au long du jeu, tout comme les personnages, intéressants et très "justes" dans leur ébauche malgré les stéréotypes dans lesquels ils ne manquent pas de tomber...

Une petite photo de famille pour finir.



Système de jeu

Full dragon alchemist...

Comme son pote le scénario, le gameplay général ne prend pas le risque de s'éloigner des sentiers battus par ses grands frères... La structure de base reste ainsi inchangée, et il faudra toujours se rendre à l'église pour sauvegarder, ressusciter ou purifier un personnage, ou encore pour savoir combien d'expérience est nécessaire pour passer au niveau suivant... Chaque ville suis le même schéma Dans le même esprit, il sera encore une fois indispensable d'aider diverses têtes couronnées pour gagner leur gratitude, et on n'échappera pas au syndrome du "j'ai tellement galéré pour chopper cet objet que je sais même plus à quoi il sert"... Exemple non contractuel : vous devez vous procurer le fameux saucisson magique de la légende, possédé par le Roi du Languedoc Roussillon. Ce dernier n'est prêt à vous le donner que si vous lui rendez service, et justement, il se trouve qu'il a besoin d'un coeur de castor pour une cérémonie sacrée... En route pour la forêt des castors, dans laquelle vous rencontrez le garde chasse qui vous dit qu'il a prêté son appeau à castor à son ami Vin Sansplomb95, qui habite à l'autre côté du continent, dans une petite maison isolée. Quelques centaines de kilomètres plus tard, vous apercevez enfin la fameuse bicoque, mais seul le fils de Vin est présent à l'intérieur : Son père est à l'hôpital, terrassé par une maladie que seule une potion spéciale peut guérir... L'unique personne au monde sachant concocter cette potion est le sorcier Sylvain Mirrouf', qui se fera un plaisir de vous en donner si vous lui ramenez les ingrédients nécessaires... Bref, le saucisson magique est déjà loin, et c'est pourtant la seule chose qui nous intéressait à la base... Ce genre de situation se produit assez souvent dans le jeu, ce qui pourra frustrer voire même irriter par moments. Préparez vous donc à "subir" un gameplay assez rigide, tout droit hérité des débuts du RPG console. Dîtes vous bien que c'est aussi ce côté "old school" qui fait le charme de Dragon Quest. Car pour peu que l'on prenne le pli assez rapidement, le jeu se révèle très plaisant à jouer, allant jusqu'à devenir rafraîchissant entre un Shadow Hearts et un Final Fantasy, dénués comme la majorité de la concurrence de cette "douce naïveté" faisant aujourd'hui le charme des vieux jeux...


On ne s'en lasse pas...

Heureusement, on échappe quand même au vieilles fenêtres noires toutes moches et au système de menu aussi peu pratique qu'inesthétique, puisque la version américaine s'est payé une petite interface toute neuve, à base de fenêtres colorées et de menus bourrés d'icônes... Enfin il va être agréable de gérer son inventaire dans un Dragon Quest... Et que les fans de la première heure ne paniquent pas, que le tout reste tout de même assez sobre... Disons que seules les modifications indispensables ont été opérées (il était de toute façon hors de question de séduire le public occidental sans retoucher la version japonaise).

1. Avant...
2. ... Après
3. Le nouveau menu tout joli

Au rayon des nouveautés se présente aussi le pot d'alchimie, dans lequel il suffit de placer deux ou trois objet pour en créer un nouveau. A vous de trouver des recettes qui pourraient vous servir (en lisant des bouquins, par exemple), ou bien de les élaborer vous même, mais sachez qu'elles respectent toutes une logique, et que mixer au hasard se soldera généralement par un échec. Par exemple, vous avez un boomerang, mais il commence à dater et peine de plus en plus à infliger des dommages décents à vos ennemis... Pourquoi le jeter quand vous pourriez y fixer ces clous que vous avez trouvés il y a peu ? Hop, on fourre tout ça dans le pot d'alchimie, et quelques minutes et un "ding" de micro ondes plus tard, on obtient un nouveau "boomerang à pics" tout neuf et bien plus efficace que l'ancien. Sympa, surtout lorsque que l'on voit quelques heures plus tard le même boomerang en magasin à un prix astronomique... L'alchimie pourra donc vous être d'un grand secours, mais elle n'en reste pas moins optionnelle. Il serait carrément con de passer à côté, mais rien ne vous empêche de le faire si ça vous chante.
Et si ce genre de réjouissances ne vous suffit pas, vous aurez toujours les éternelles quêtes optionnelles made in Draque à votre disposition :
- La collecte de mini médailles, que l'on peut trouver un peu partout, et qui vous seront échangées à un certain endroit contre des prix assez utiles.
- Les casino, dans lesquels vous pourrez claquer tout votre fric pour, encore une fois, gagner des récompenses.
- Ou encore l'arène, où vous pourrez faire combattre une équipe de monstres spéciaux recrutés au préalable. Au fur et à mesure que vos poulains remporteront des batailles, vous gagnerez des bonus vous permettant par exemple de faire combattre vos créatures à votre place n'importe quand.

Ca me rappelle mon dernier concert à Vegas...

Si vous avez l'âme aventurière, vous pourrez même tenter de découvrir tous les trésors disséminés sur la carte du monde, et je vous souhaite bon courage, car ce n'est pas une mince affaire. Au final, il y a tellement de choses à faire dans Dragon Quest VIII que l'on est parfois obligés de se forcer pour reprendre la quête principale... En résulte une durée de vie énorme, pouvant facilement taquiner la centaine d'heure si vous décidez d'exploser le jeu à 100%.


De Doom à Devil May Cry

Si en terme de gameplay général, le jeu n'a subit que quelques légères retouches, c'est loin d'être le cas pour le système de combat, qui se voit complètement remanié dans son mode de représentation... Finie la vue subjective soporifique, finis aussi les trois pauvres effets tout cheap pour représenter la dernière attaque spéciale qui ravage tout, car nous avons maintenant droit à de la vraie 3D, mise en valeur par une caméra mobile et over dynamique. Chaque tour commence "à l'ancienne" : lorsque vous sélectionnez les actions à effectuer, seuls les ennemis sont visibles et alignés devant vous. Par contre, dès que les choix sont faits, on s'en prend plein la vue ! chaque attaque, magie, grattage de cul ou tout ce que voulez est représenté à l'écran et bénéficie d'une animation à faire pâlir un Patrick Sebastien au meilleur de sa forme (et pourtant dieu sait si l'animation, ça lui connaît). Le résultat est fluide, rapide, frénétique (les attaques s'enchaînent très vite) et en met plein la vue.
Amputés de leur plus gros défaut (du moins, ce qui leur était le plus souvent reproché), les nouveaux combats de Dragon Quest ont tout pour séduire... Mêmes les éternels allergiques aux bastons à la DQ devraient pouvoir s'y mettre sans trop de problème, et la série devient également plus accessible pour les novices, qui avaient autrefois tôt fait de tourner le dos au premier "combat doom like" rencontré.

1. Un coup qui brille
2. Une attaque normale.

Ce rafraîchissement dans la forme n'entraîne par contre aucun changement majeur dans le fond (faut pas déconner non plus, hein). On conserve un déroulement au tour par tour basique, aussi vieux qu'efficace : Vous sélectionnez les actions pour chaque personnage juste avant le tour, puis il commence, et l'initiative (parfois hasardeuse) s'occupe du reste : Les coups alliés et ennemis se succèdent jusqu'à ce que tout le monde ait agît, et un nouveau tour commence alors. Au niveau du panel d'action, on reste aussi dans le classique : attaque physique, magie (dont la liste est toujours à peu près la même), compétences, équipement, ou objet, possédant tous une utilisation des plus classiques... Seule la commande "psyche up" intrigue un peu, même si dans la pratique, c'est du déjà vu. Elle permet en fait de sauter de 1 à 5 tours pour augmenter la puissance de sa prochaine attaque... L'originalité vient surtout du fait qu'en "se concentrant" au maximum, le héros fait tomber le bandana et prend des allures de super sayen ultra tendu, avec cheveux dressés et sourcils froncés (ok, son aura est un peu rose Barbie, mais ça le fait quand même).
Et attention, car le fait que les combats ne révolutionnent pas la série dans leur fond signifie aussi qu'il restent aussi ardus que leurs ancêtres... Attendez vous à devoir faire du leveling intense si vous voulez vous en sortir contre certains boss... Et préparez vous à en faire beaucoup, car la plupart des monstre est atrocement radine en matière d'XP et de thunes. Seuls certains "spot" sont vraiment rentables, mais encore faut il les découvrir...

YAAAAAH ! PUISSANCE MAXIMUM ! YAAAAAAH !

Le système d'apprentissage des compétences est bien plus réjouissant, puisqu'il vous propose pour chaque personnage de répartir des points de skill (gagnés à chaque level up) entre 5 talents particuliers, 3 d'entre eux correspondant à des armes pouvant être équipées par le perso... Le Héros aura par exemple le choix entre l'épée, le boomerang, la lance, les mains nues (auxquels chaque perso a accès), en plus de son "trait personnel" : le courage. Cette dernière caractéristique change selon les membres de l'équipe en fonction de leur personnalité : Yangus apprend ce qu'est l'amitié, Jessica commence à réaliser le pouvoir de son sex appeal, et Angelo développe peu à peu un charisme fou, à même de clouer d'admiration n'importe qui... L'augmentation de ces stats vous permettra non seulement de maîtriser des techniques spéciales adaptées à vos armes, mais aussi de gagner des bonus de force quand vous les équipez. A vous ensuite de choisir : Spécialiserez-vous tel personnage dans une seule catégorie d'arme afin de le rendre très pointu dans ce domaine, ou préférerez vous le rendre plus éclectique en le faisant progresser un peu partout, et privilégier ainsi la polyvalence à la force ? Les deux techniques se valent...Un conseil tout de même, oubliez tout de suite les poings nus, ça ne sert pas à grand chose, et conservez toujours quelques points pour les traits personnels de vos personnages : Ils apportent généralement des compétences intéressantes.

L'ami Yangus manie la hache comme pas deux.

Ce système simple mais ingénieux permet donc de rendre chaque partie unique en proposant une personnalisation assez poussée de vos personnages. Les possibilités offertes sont si grandes qu'il sera impératif de faire plusieurs parties si vous voulez faire le tour complet des capacités de chaque personnage (ce que je ne vous conseille que si vous avez beauuuucoup de temps devant vous...)




Ambiance

Michel Leeb

Une des particularités de la série Dragon Quest a toujours été son humour, Largement inspiré par maître Toriyama. Ce 8ème épisode sera encore une fois l'occasion de se poiler bien comme il faut, et ce pour bon nombre de raisons...
Tout d'abord, il y a les personnages, aussi comiques par leur design que par leur attitude... Il faut voir le gros Yangus fouiller son nez quand on lui parle, puis jeter le fruit de sa pêche d'une svelte pichenette, ou encore la dégaine du Roi Trode lorsqu'il court... Presque chaque personnage assez important vous fera marrer à un moment ou à un autre (mention spéciale à un certain prince Charmles, aussi tordant qu'horripilant). On note aussi une grande dose d'humour dans les dialogues, sublimée par des expressions faciales très réussies (aaah, les "‘CORE BLIMEY !" de Yangus...)
Les combats aussi vous réservent leur lot de surprises... Déjà grâce à la gueule d'un bon paquet de monstres (qui ont l'air tellement con qu'on s'en veut presque de les frapper), mais aussi grâce aux situations ridicules dans lesquelles ils se retrouvent. Certains se taulent comme des merdes en voulant vous attaquer, d'autres préfèrent dessiner par terre plutôt que de combattre, d'autres encore harcèleront vos pauvres personnages à coups de blagues nazes, les empêchant d'agir pour cause de fous rires intempestifs ; il y a aussi ceux qui oublient ce qu'ils voulaient faire ou qui gardent tout simplement un air ébahi au lieu de faire quoi que ce soit... Ce genre de petites surprise foisonne, et pratiquement chaque ennemi possède une attitude idiote qui lui est propre et qui revient régulièrement... Quand en plus des délires à la Toriyama comme la fusion ou le célèbre "paf paf" sont ajoutés au tout, ça devient carrément de la folie pure. Et c'est ça qu'est bon !


Toriyama, je vous aime.

Le vice est poussé si loin que l'humour se cache même là ou on l'attend le moins ! Imaginez vous dans la bibliothèque personnelle d'un grand sage... Vous feuilletez quelques bouquins, histoire de lire quelques vieilles légendes ancestrales entre deux recettes d'alchimie, quand tout un coup, vous tombez sur un magnifique "What's a fish with no eye ? - a fsh" ! Oui ! vous avez bien lu ! C'est bien une vieille blague miteuse ! Entre deux ouvrages ultra sérieux sur le culte ou la science ! Dragon Quest VIII, le premier jeu sponsorisé par mister blague ! Alors bien sûr, nous n'aurons jamais droit aux jeux de mots si subtils offerts par la langue japonaise, mais le fait que les traducteurs aient bien prit soin de retranscrire cette ambiance déconnante est très appréciable.
Allergiques aux ambiances légères et bidonnantes, passez donc votre chemin, car Draque VIII n'est pas pour vous. Le jeu est complètement loufoque, d'un bout à l'autre de l'aventure, et pour peu que vous soyez un tantinet aigris par nature, vous risquez de vite chopper des boutons... Par contre, vous autres les enfants de la blague, en particulier les amateurs d'humour japonais, je ne vous raconte pas le pied que vous allez prendre ! faites chauffer les zygomatiques, car dans de telles circonstances, le claquage est vite arrivé...


Lara fabian

La version américaine de Dragon Quest VIII a jouit de deux ajouts majeurs au niveau de l'ambiance sonore : Des musiques entièrement orchestrées (ce qui faisait cruellement défaut à la version japonaise), et, plus étonnant, des voix. Oui, des voix, dans un Dragon Quest... Y'en a qui ont du gueuler... M'enfin, parlons d'abord des musiques, qui comme à leur habitude dans la série sont de très bonne qualité. On pourra leur reprocher une faible variété (1 thème de village, 1 thème de donjon...) et un "effet recyclage" évident (Sugiyama nous ressert à peu près les mêmes thèmes depuis un bail), mais le fait est que le bon thème arrive toujours au bon moment : Nous avons une musique de combat entraînante, un thème de village paisible, une piste religieuse simple mais efficace dans les églises... Mention spéciale à la compo de carte du monde magnifique, oscillant constamment entre le serein et l'épique, et s'adaptant ainsi parfaitement en toutes circonstances, que vous soyez en train de mater un coucher de soleil en bateau ou que vous partiez à l'assaut d'une montagne au loin. Il arrivera même qu'elle influence carrément vos actions, et ça c'est fort !

Ohé ohé, capitaine, abandonné...

Bon, ensuite il y a les voix... Et j'aime autant le dire tout de suite : Personnellement, je suis fan. OK, le principe de doubler les dialogues d'un Draque peut choquer, OK, les voix sont spéciales... Mais honnêtement, comment ne pas être admiratif devant un tel travail fourni ? Oui, je vous le dit, l'équipe en charge des dialogues a des leçons à donner dans le milieu. Nous sommes loin des doublages médiocres et si fréquents de la plupart des RPG localisés aux EU... Oubliez les vieilles voix ricaines sans âme toutes droits sorties de bandes-annonces de film, car ici nous avons affaire à une équipe britannique compétente et professionnelle. Pratiquement chaque personnage doté de voix possède sa propre diction, son propre timbre, et même son propre accent. Car quelqu'un (je ne sais pas qui c'est, mais il est cool) a eu la bonne idée de traduire les multiples jeux sur les niveaux de langue japonais par des accents variés et exotiques. On retrouvera des caricatures françaises, russes, italiennes, ou cockney (un accent anglais populaire). Le résultat final en rebutera plus d'un, c'est une certitude, mais j'espère vraiment que ces personnes sauront quand même reconnaître le gros effort qui a été fourni. Pour ma part, je ne souhaite qu'une chose : Que les autres studios de doublage s'inspirent un peu de l'exemple que constitue Dragon Quest VIII.




Un jeu qu'il est vachement bien

Un jeu qu'il est même tellement vachement trop bien que je vais me retrouver dans l'obligation de vous ordonner de l'acheter. Quand on a une merveille comme ça à portée de main, on n'hésite même pas. Les RPG de cette stature sont extrêmement rares, et chaque amateur du genre digne de ce nom se doit de l'avoir fini. Et que la barrière du NTSC ne soit pas une (sale) excuse : Le jeu débarque chez nous au mois d'avril en version française. Que demander de plus ?




Note Finale: un GROS 19 / 20
moguri

 
 
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